Déroulement de l’entretien

L’entretien dure en général entre 10 et 20 minutes. Le jury est composé de plusieurs personnes (3 ou 4), dont au moins un représentant français et un représentant espagnol. Les entretiens durent toute la journée. Ainsi, il est possible que les membres du jury changent entre la matinée et l’après-midi.

  • L’intégralité se déroule en langue espagnole. Il a lieu dans les locaux de l’Université Paris-I (bâtiment Panthéon/Cujas).
  • Il est possible qu’un des représentants français préfère poser ses questions en français. Ce fut le cas en juin 2006. Dans ce cas, il faudra y répondre en français. Retenez qu’il faut répondre à une question en utilisant la langue dans laquelle elle vous a été posée.

Une entretien, cela se prépare. Vous ne devez pas vous y présenter « les mains dans les poches ». Vous devez avoir anticipé certaines questions (v. ci-dessous) et préparé les réponses à ces questions. Cette préparation est d’autant plus importante que vous n’aurez pas le temps de lire vos éventuelles notes pendant l’entretien. En revanche, vous aurez tout le temps de réfléchir aux réponses à apporter aux questions qui vous sont posées. C’est même très vivement conseillé… comme dit le proverbe, il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de répondre !

 

Teneur des questions

Les questions sont très personnalisées. C’est-à-dire que le jury aura étudié le dossier du candidat, et que les questions porteront sur ce qui en ressort. Certaines questions reviennent quand même assez souvent ; entre autres, « et si vous n’avez pas votre BAC à la fin de l’année ? », ou « et si on ne vous prend pas, que ferez-vous ? ». Ce n’est pas très compliqué de répondre, en général. A la première on dira « Oui, je sais, j’ai pris S et je n’ai que 11 de moyenne en maths, mais c’est parce que les profs visent les prépas scientifiques dès la Terminale, le niveau de l’épreuve de maths au BAC est beaucoup plus bas que ce que l’on fait dans l’année ». A la seconde, on trouvera un explication du genre « Je veux faire du Droit, alors je ferai du droit « normal » en France ; et comme j’aime l’Espagne, j’essaierai de partir en Erasmus si possible ».

Toutes les questions et les réponses doivent êtres construites sur le même schéma: le jury essaie de déstabiliser le candidat en l’interrogeant sur ses points faibles, la clé du succès est ainsi de ne pas se laisser démonter, de prendre le temps de réfléchir avant de répondre, de montrer qu’on ne manque pas de ressources, et qu’on a déjà à peu près tout prévu.

Comme dans tous les oraux, il faut éviter les signes de nervosité. Il ne faut pas fondre en larmes si on ne trouve pas de réponse à une question: il vaut mieux dire « no sé » qu’essayer d’inventer des histoires. Il ne faut pas non plus s’énerver si le jury pose plusieurs fois la même question: c’est soit que la réponse n’était pas claire, soit que le jury utilise une technique de déstabilisation connue. Il suffit de répondre à chaque fois la même chose (mais pas forcément de la même manière…), l’essentiel étant de ne pas se contredire.

 

Quelques questions qui reviennent fréquemment :

  • Que faites-vous si vous n’avez pas votre Bac en fin d’année ? (v. ci-dessus)
  • Que ferez-vous si vous n’êtes pas admis(e) dans la double-maîtrise ? (v. ci-dessus)
  • Pourquoi faire du droit ?
  • Pourquoi faire du droit en Espagne, et non pas en France dans un cursus normal ?
  • Qu’est-ce que le droit pour vous ? (le jury sait que les candidats ne sont pas censés connaître le droit, il n’attend pas de réponse technique)
  • Pourquoi devrions-nous vous sélectionner ? (euh… parce que… !)
  • Quelles sont vos qualités ? (idem)
  • Quelles sont vos matières préférées ? (s’il y a apparente contradiction, pensez à justifier)
  • Pourquoi pas la Fac de langues ?
  • Pourquoi ne pas faire une deuxième année de Prépa ?
  • Pourquoi ne pas avoir postulé directement après le bac ? (pour les bac+x)
  • Vos parents vont-ils pouvoir assumer économiquement ? (aspect très important : vivre à l’étranger représente un surcoût important)
  • Votre famille et vos amis ne vont-ils pas vous manquer ? (si, mais je vais le surmonter, et il y a les vacances)
  • Comment expliquez-vous cette faiblesse dans telle ou telle matière ? (v. ci-dessus)
  • Quelles approches avez-vous eues du Droit au cours de votre scolarité ?
  • Quels sont vos projets professionnels ? (attention aux idéaux et doux rêves… surtout si vous n’avez encore jamais fait de droit !)
  • Avez-vous postulé pour une autre double-maîtrise ?
  • Pensez-vous assister régulièrement aux cours ? (il vaut mieux répondre oui…)

Les questions ne portent pas sur le droit. Les candidats ne sont rien censés connaître en droit.

 

La prétendue « motivation » des candidats : un piège à éviter

Le problème de la « motivation » (en réalité vous parlez d’enthousiasme et non de motivation, car tous les dossiers retenus sont motivés) c’est qu’il y a plus de gens enthousiasmés que de places disponibles. C’est très difficile à apprécier, et ce n’est pas forcément le paramètre le plus important. Nous avons vu des gens très enthousiasmés à l’entretien partir à Madrid et revenir en France peu de temps après le début de l’année universitaire, pour des raisons diverses. Cela peut être le mal du pays, la mauvaise connaissance de la langue, les difficultés d’adaptation au système universitaire (travailler tout seul, sans encadrement), le fait de ne pas aimer le droit ou de se rendre compte qu’on s’est trompé de voie, etc. Le jury préfère sélectionner quelqu’un qui semble moins enthousiasmé mais qui tiendra le coup 4 ans que quelqu’un qui crie haut et fort vouloir entrer dans la double-maîtrise et qui ne terminera jamais le cursus. Il est souvent difficile de savoir où chacun se situe et des erreurs peuvent parfois être commises…

A ce propos, voir aussi les critères de sélection.